À qui le feedback sert-il ? À moins d’être totalement narcissique, le but de donner des commentaires, c’est qu’ils soient reçus et entendus par la personne concernée. Et le succès de cet objectif dépendra en grande partie de l’approche qui sera mise en place.

Plusieurs seront de mon avis si j’affirme qu’il est plus facile de féliciter un employé efficace que d’en réprimander un autre plus vulnérable. Idem avec les enfants et la grande majorité des gens. Alors comment faire passer ton message de façon douce et honnête, même (et surtout !) lorsque tu as un avis contraire, une déception ou une réponse négative à exprimer ?

Selon moi, il y a trois CLÉS qui ouvrent la porte à un commentaire sincère et constructif. Voici une structure qui soutiendra le spectre des questions, à commencer par « Maman, aimes-tu mon dessin ? » jusqu’à  « Chers collègues, comment considérez-vous cette offre ? » et en passant par « Chéri, comment trouves-tu ma robe ? »

À toi de voir si ces trois clés s’appliquent à tes serrures !

 

 1. CLÉ de l’ouverture

Pour permettre un échange digne de ce nom, il est fondamental de débuter par un point positif. Paver la voie pour permettre à l’autre d’accueillir la suite, au lieu de lui lancer une bombe en plein visage. Cette approche lui accordera du crédit et diminuera les risques qu’il tombe en mode défensif.

Par exemple, si ton beau-frère a publié un roman que tu n’as pas particulièrement apprécié et qu’il te demande ce que tu en penses. Il existe la possibilité de lui mentir avec un sourire hypocrite en lui disant : « Oui, je l’ai lu… c’était vraiment bon ! Félicitations ! » Et il existe également l’opportunité d’être authentique avec soi-même et les autres. Avant de plonger et de lui dire ton opinion, il est primordial que tu trouves un aspect positif, aussi minime soit-il, un truc vrai, bien sûr.

Partout, dans toute chose, il y a du beau ; à toi de relever le défi de le trouver. La beauté se cache-t-elle dans un personnage de son roman, la qualité du papier, dans l’illustration de la page couverture ou dans le titre ?  Supposons que rien de tout ça ne te plaise, cherche ailleurs ! La beauté réside-t-elle dans le courage de ton beau-frère, dans la maison d’éditions, dans l’accomplissement en soi ? En cherchant bien, tu découvriras un éclat de joliesse enfoui en toute chose.

Cette clé à l’avantage d’entraîner ton cerveau à faire des connexions positives avec tout ce qu’il perçoit. Tu ouvres ainsi la porte d’un monde spectaculaire ; le Règne de la Beauté.

Alors si ton employé n’a pas un rendement suffisant, si tu n’as pas aimé le souper, si ton collègue te tape royalement sur les nerfs, tu peux te dire : « Quelle belle opportunité d’entraîner mon cerveau à repérer un détail lumineux, un trait positif, un point favorable, etc. » Faire ressortir du beau de ce qu’à priori tu trouves laid, c’est choisir de participer activement à l’embellissement du monde. (Et il en a grandement besoin, le monde…)

 

 2. CLÉ de la réceptivité

C’est ici que tout se joue. En débutant sur une note positive, tu as ouvert la voie à ce que tu veux vraiment dire. La personne à qui tu t’adresses est maintenant disponible à entendre ton opinion. Sa réceptivité est essentielle si ton intention est que l’autre reçoive ton message.

Pour utiliser cette clé avec agilité, je propose deux débuts de phrases qui introduisent bien tes pensées :

  • J’aurais trouvé intéressant que…
  • J’aurais été curieux de …

Ces formulations stimulent une réflexion de ta part. Par exemple, si le rapport d’un employé te déçoit, au lieu de dire : « Il y a trop de graphiques ! Tu devrais mettre plus de références ! » essaye plutôt cette formule : « J’aurais été curieuse de voir un document plus épuré, avec moins de graphiques » ou encore « J’aurais trouvé intéressant qu’il y ait davantage de références. » Vois-tu comment une simple formulation peut venir enrichir la dynamique émetteur-récepteur ?

L’idée ici est de rester honnête, de dire les vraies choses, d’exprimer ce que tu penses réellement, tout en demeurant courtois, ouvert et bienveillant.

 

 3. CLÉ de l’expérience

Une bonne façon d’atténuer la charge émotive d’un événement est d’en retirer un apprentissage. Une situation difficile, décevante ou frustrante l’est un peu moins après en avoir appris quelque chose. Que retires-tu de cette expérience ? Il y a autant de leçons qu’il y a d’êtres humains !

Avec ton beau-frère écrivain, tu as peut-être appris que ce n’est pas toujours facile d’être franc envers les autres. Tu réalises peut-être que le collègue qui t’énerve te permet de pratiquer ta tolérance. Les apprentissages peuvent être plus subtiles, du genre prendre conscience de l’importance des graphiques dans une présentation ou du niveau de confiance qui t’habite. Tu peux même envoyer promener le rôti brûlé et décider que l’important c’est de passer un bon moment avec l’être aimé.

Globalement, peu importe si tu choisis de partager ces acquisitions ou non avec l’autre personne. L’essentiel, c’est l’apprentissage en soi.

Certaines expériences nécessitent du recul afin de pouvoir en retirer quelque chose. Si tu es branché à ton centre, tu seras en mesure de respecter ton rythme et de trouver tes propres réponses, celles qui font du sens pour toi. Rien ne sert de tirer sur la fleur pour la faire grandir.

 

Avant de débarrer des portes, je t’invite à prendre 2 minutes de réflexion pour répondre à ces 2 questions : « Pour cette rencontre précise, quelle est mon intention positive ? Quel est l’essence véritable du message que je veux livrer, aujourd’hui ? »

Alors… Tu en penses quoi ?

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