Une émotion, ça arrive souvent aussi vite que ça repart. Quand ça s’installe, on parle plutôt de sentiment (la tristesse VS la dépression, la peur VS l’angoisse, etc). À l’instar des montagnes russes (ou d’un coup de poing dans le ventre, c’est selon), on peut observer un « peek » dans l’émotion et une chute qui s’ensuit. Malheureusement, on n’enseigne pas à nos enfants à accueillir leurs sensations, encore moins à mettre un mot dessus. Parfois même, on interdit aux p’tits garçons de pleurer et on demande aux jeunes filles de nier leur colère. Cette absence d’éducation émotionnelle génère une société vulnérable composée d’adultes plutôt retardés sur le plan émotif qui, tout dépendant de leur vécu, auront tendance à réagir de manières différentes (pour ne pas dire toxiques ou malsaines) quand une émotion se pointera le bout du nez.

Ce que j’ai envie de vous partager ici n’est que le résultat d’années d’expérience d’un trop plein émotif et d’une stratégie d’évacuation qui a fonctionnée pour moi ; en aucun cas je ne prétends détenir la vérité ou pire, la solution. C’est simplement une proposition de réaction qui a fait la différence dans ma vie et vous avez le choix de l’adopter ou non (autrement dit, de vous approprier ce qui fait du sens pour vous et de laisser le reste de côté). Par contre, avant de juger la technique, assurez-vous de la mettre en pratique quelques fois. Comme n’importe quelles disciplines, accueillir ses émotions demande de l’entraînement. Laissez-vous une chance ! Souvenez-vous de votre première expérience de natation ou de bicyclette ; ça aurait été décevant de juger votre potentiel à ce moment-là !

Bref, dans mon bureau, il s’en vit des émotions ! Et je suis le témoin privilégié de la façon dont réagissent les gens qui me consultent. La plupart, quand ils sentent surgir l’émotion, l’ignorent du mieux qu’ils peuvent en continuant de parler (avec une voix chevrotante et le moton dans la gorge). D’autres changent complètement de sujet. Certains bloquent leur respiration et tombent en mode survie (respiration au niveau du haut de la poitrine). Rares sont ceux qui se taisent afin de créer l’espace nécessaire pour accueillir ce qui se passe en-dedans.

Et pourtant… c’est la première étape pour accueillir l’émotion qui se présente. Se taire pour observer quelle est l’émotion qui se présente. Comme Rumi l’illustre si bien avec son poème « La maison d’hôtes », imaginons que nous sommes des maisons. L’émotion est un invité qui frappe à notre porte. Parfois doucement, quelques fois avec une hache, c’est selon. Et si on inversait les rôles, juste pour voir autrement ? Disons que vous deviez livrer un message important à un ami, que vous vous rendiez chez lui, sonniez à sa porte et qu’il ignore votre présence malgré le fait que vous sachiez qu’il soit là, qu’allez-vous faire ? Peut-être sonner une deuxième fois. Ou cogner plus fort. Les plus insistants iront voir à la fenêtre. Certains essayeront d’entrer quand-même. L’émotion agit de la même façon.
*** Astuce : mieux vaut répondre du premier coup.  😛

Plus on l’ignore, plus elle se manifeste. Et un jour, à bout de souffle (ou écœurée de se faire rejeter), elle « disparaît », épuisée d’avoir tant insistée. Il est facile de reconnaître une maison vide : leur propriétaire ne se donne plus la permission de ressentir. La porte de leur maison semble verrouillée à jamais, déterminée à repousser les invités qui voudraient y mettre le pied. Isolement. Déconnexion. Dissociation. Spectateur de sa propre vie. Analyse, jugement, compréhension ont définitivement pris le dessus sur le ressenti, l’expérience, l’invisible (pourtant essentiel comme dirait Le Petit Prince)…

Si vous vous sentez perdu sur ce chemin, je vous invite à surgir des profondeurs du mental et à vous réfugier dans votre coeur pour y trouver une source de lumière, aussi minuscule soit-elle. Tant qu’il y a de la vie, il y a de l’espoir. Peut-être que les outils d’une coach PNL peuvent stimuler votre feu intérieur et les ressources qui vous habitent afin d’illuminer une nouvelle route ? La première étape pour honorer l’émotion est donc de rester silencieux afin de bien l’entendre.

La deuxième étape consiste à inviter « le propriétaire aka l’hôte » à respirer, sans forcer, puis à inspirer de plus en plus profondément et à expirer plus lentement. Ce faisant, on utilise l’espace disponible pour faire circuler l’émotion. L’accueillir, c’est bien. La laisser circuler, c’est mieux. Respirer en pleine conscience permet de contenir l’émotion rattachée à la situation. Il existe des techniques de PCI (psychologie corporelle intégrée) que j’utilise dans le but de faire grandir le contenant qui sert à « contenir » la charge émotionnelle (parfois, on a l’impression de tenir un mini pot de yogourt destiné à contenir une méga vague de déception… pour éviter les futurs débordements, il est utile d’élargir son contenant en pratiquant des techniques de respirations conscientes quotidiennement). Faut se rappeler aussi que l’émotion est passagère, qu’elle ne vient que livrer un message. En respirant à travers elle, il est alors possible d’entendre ce qu’elle dit. Au-delà du « je me sens bien » et « je me sens mal », quelle est l’émotion présente ? Reconnaître et nommer l’invité qui nous habite est une base fondamentale. Il existe plusieurs modèles de chartes/roues des émotions si vous sentez le besoin de vous y référer.

 

La troisième étape propose une question. Quand je me sens irrité, triste, frustré, déçu, opprimé, dévalorisé, inquiet, etc., j’ai besoin de quoi exactement ? Encore une fois, il n’y a pas de bonnes réponses universelles. Il n’y a que vos réponses intérieures. Par exemple, quand je suis triste, je peux avoir besoin de repos, de sortir avec des amis, de faire du sport, d’écoute, de méditer, de manger, etc. L’idée ici, c’est d’identifier le besoin relié à l’émotion. L’outil de la communication pacifique peut être aidant à cette étape. (OK, je vais rapidement résumer la méthode en 5 points).

1. Énumérer les faits (attention de ne pas mélanger les faits avec des jugements !)
2. Voir et nommer les émotions reliées aux faits
3. Reconnnaître et nommer les besoins reliés aux émotions
4. Formuler un message clair et positif relié aux besoins
5. Créer un espace où il sera possible de négocier avec l’autre, tout en respectant vos limites préétablies.

Souvenez-vous ; l’émotion a un message pour vous. L’irritation peut avoir comme intention de vous faire prendre conscience que l’un de vos besoins fondamentaux n’est pas respecté par exemple. Mais si, au lieu de l’accueillir, vous essayer de la contrôler, de la faire taire, de l’ignorer… elle risque de grandir, de devenir frustration, de s’installer devant votre porte, de devenir colère, de se montrer de plus en plus insistante, de devenir haine, parce que dans le fond, elle considère qu’il est important pour vous de recevoir son message. Jusqu’au jour où soit vous ouvrez la porte, soit elle abandonne et ratatine votre coeur en quittant (une image qui illustre bien les dégâts de la déconnexion).

Bref, si je récapitule ma stratégie en 3 étapes pour accueillir ses émotions (et savoir quoi faire avec ensuite), voici : 

  1. Shuuuuut, arrêtez de parler. Sérieux, taisez-vous (pour rester polie). Nanon, n’essayez même pas de glisser un seul mot. SILENCE RADIO. Pendant au moins une minute complète. Je sais que ça peut paraître long mais je vous invite à considérer ce dicton : « Le secret de la patience, c’est de faire autre chose en attendant. » Alors, pour vous aider à rester silencieux, focalisez votre attention sur la deuxième étape.
  1. Respirez. Pour vrai. En pleine conscience. Inspirez une couleur et expirez en faisant de la buée dans des lunettes pour vraiment bien vider votre centre d’énergie. Le silence permet d’accueillir l’émotion et la respiration permet de la faire circuler, tel un messager intérieur. Voyez qui est là. Nommez ce qui est présent en vous. Vous pouvez même vous amuser en vous posant cette question : et si cette émotion avait une forme symbolique, elle ressemblerait à quoi ? (TOUTES les réponses sont bonnes et peuvent être modifiées) Au lieu de chercher une image, acceptez celle qui se présente, même si elle ne fait pas de sens pour l’instant.
  1. Construisez un pont entre votre émotion et le besoin qu’elle fait naître. En ressentant l’émotion, observez quel est le besoin qui émerge. Reprenez votre pouvoir en nommant ce besoin et comblez-le. Je dis de reprendre votre pouvoir car on peut attendre longtemps que l’autre change. Par exemple, si mon besoin est que mon partenaire soit plus à l’écoute… tout mon pouvoir repose entre ses mains. Mon bonheur dépendra donc de son attitude. C’est beaucoup demander à une seule personne, non ? La question magique pour reprendre son pouvoir est celle-ci : « Comment puis-je transformer mon besoin pour qu’il ne dépende que de moi ? » Dans l’exemple cité plus haut, la reformulation pourrait ressembler à « J’ai besoin de plus d’écoute. Comment puis-je avoir plus d’écoute ? Que puis-je faire (ou à qui demander) pour attirer plus d’écoute dans ma vie ? Peut-être y a-t-il des parties de moi-même que je n’écoute pas ? Peut-être ai-je des besoins qui gagneraient à être adressés ? »
    Voyez-vous l’impact de reprendre son pouvoir et celui de le laisser entre les mains d’autrui ?

Maintenant, à vous de jouer. La prochaine fois qu’une émotion se présentera, honorez-la en restant silencieux. Respirer comme un maître zen qui a le pouvoir de faire circuler l’énergie à travers lui. Communiquer avec votre invité afin de comprendre son message (votre besoin) et agissez en conséquence. Ce n’est pas sorcier, vous verrez. Ça demande simplement de l’entraînement (comme n’importe quelle discipline, je le répète).

Et si vous avez besoin d’un coup de pouce, d’un coup de main ou d’un coup de pied professionnel, je suis là. 😉

Joyeuse exploration intérieure.

Mel Goyer

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