LA COMMUNICATION PACIFIQUE (NON-VIOLENTE)

T’arrive-t-il parfois de vouloir exprimer un message et qu’il sorte tout à l’envers ? De ne pas trouver les bons mots ou de mélanger les faits avec des jugements ? As-tu de la difficulté à reconnaître tes émotions ou à nommer tes besoins ? Et lorsque la colère s’en mêle, tout devient plus confus, n’est-ce pas ?  Pourtant, cette émotion est un guide merveilleux pour t’indiquer deux choses :

  • L’un de tes besoins n’est pas entendu (Quel est-il, sais-tu le reconnaître et le nommer ?)
  • Tu gagnerais à t’affirmer davantage, à faire des demandes claires.

Je te propose un exercice simple, qui a fait ses preuves depuis longtemps.

Lorsqu’une situation t’irrite, prends le temps de répondre à ces 5 questions.

(Sauf pour la 4ème, je t’invite à trouver un minimum de 3 réponses par questions)

  • Quels sont les faits ?
  • Quels sont mes émotions reliées aux faits ?
  • Selon les faits et mes émotions, quels sont mes besoins ?
  • Par rapport à mes besoins, quel est ma demande claire ?
  • À quel niveau suis-je prêt à négocier pour trouver des compromis ?

 

LES FAITS

Il est primordial de bien cerner les faits réels (et non pas une réalité déformée par notre perception). Il y a une grande différence entre des faits et des jugements.

Trois exemples pour comprendre le contraste :

  • Jugement = Il ne veut plus rien savoir de moi

Fait = Il ne retourne pas mes appels

  • Jugement = Je ne suis pas important pour lui

Fait = Il est partie en voyage sans moi

  • Jugement = Ils veulent que je paye tout

Faits = Ils me demandent de l’argent

 

LES ÉMOTIONS

Ce qui peut paraître simple n’est pas nécessairement facile. Certaines personnes ont tendance à « penser » à leurs émotions. Je t’invite plutôt à plonger à l’intérieur de toi pour répondre à cette question : « Qu’est-ce que cette situation me fait sentir ? »

Il y a une énorme différence entre les émotions et les projections.

Reprenons les trois exemples  pour mieux comprendre l’opposition :

  • Projection = Il est stupide de m’ignorer

Émotions = J’ai de la peine, je me sens abandonnée

  • Projection = Il est égoïste d’être parti sans moi

Émotions = Je suis désorienté et en colère

  • Projection = Je ne suis pas leur serviteur !

Émotions = Je me sens manipulé et inutile

 

LES BESOINS 

En regardant les faits et tes émotions, prends le temps de bien identifier tes besoins, car certains peuvent être plus subtils que d’autres. Pour éviter des déceptions, je te recommande de t’approprier TES besoins ; dans le sens où ce sont EUX qui comptent, non pas la façon dont les autres devraient agir…

Continuons avec les trois exemples pour mieux assimiler la nuance :

  • Déception = J’ai besoin qu’il réponde à mes appels !

Besoins = Du respect et de l’écoute

  • Déception = J’ai besoin qu’il revienne sur le champ !

Besoins = De la compréhension et du lâcher-prise

  • Déception = J’ai besoin qu’ils arrêtent de me quêter de l’argent !

Besoins = Apprendre à mettre mes limites, à dire NON

 

LE MESSAGE EXPRIMÉ CLAIREMENT

Prends une pause. Respire profondément. Relis les faits, les émotions. Révise tes besoins une dernière fois afin de formuler une phrase simple, claire et à la première personne. Inutile de te rappeler que l’autre ne changera peut-être pas… alors mieux vaut adapter ta demande.

Au lieu d’exiger un changement de la part de l’autre, exprime tes besoins. Le secret est dans la formulation de ta phrase, d’où l’importance d’y réfléchir un moment.

  • Orientée vers l’autre = Je veux que tu répondes à mes appels !

Orientée vers moi = J’ai un message à te communiquer, quand pourrait-on se parler ?

  • Vers l’autre = Peux-tu revenir ?

Vers moi = J’aimerais comprendre ce qui a motivé ton geste, peux-tu m’expliquer svp ?

  • Vers l’autre = Je ne veux plus vous entendre me parler d’argent !

Vers moi = À partir de maintenant, je refuserai vos requêtes financières.

 

LA NÉGOCIATION

À l’instar des trois points précédents, les réponses fournies ici doivent représenter tes couleurs, ta personnalité. Deux personnes dans la même situation réagiraient de façon différente. À toi de trouver un espace de négociation qui te convient, qui respecte tes limites.

Dans le premier cas, la femme peut proposer une date limite, un espace-temps à respecter.

Dans le deuxième cas, l’homme peut accepter un médium différent (par écrit, au téléphone, en personne)

Dans le troisième cas, le parent peut découvrir d’autres moyens d’aider ses enfants.

C’est important d’y penser AVANT, car même si tu as le courage de faire ta demande, les autres ne sont pas tenus de la respecter.  Pour te donner une idée, si la femme du premier exemple ne réfléchit pas à sa marge de manœuvre, il se peut très bien qu’elle accepte une date qui est finalement trop loin selon ses préférences. Dans le deuxième cas, si l’homme n’imagine rien d’autre que de rencontrer son partenaire dans un café, il s’assure d’être déçu si l’autre préfère lui expliquer ses motifs par écrit. Dans le troisième cas, le parent risque de céder aux demandes de ses enfants si ses propres balises de négociation ne sont pas établies.

 

COMMENT GARDER LE PROCESSUS VIVANT ?

L’intégration de cet exercice demande de l’entraînement. Une fois ce processus accompli, lorsque tu oseras faire ta demande, tu recevras inévitablement une réponse (même le silence est une réponse). Peu importe comment l’autre réagira, je t’invite à accueillir sa réaction. Ensuite, plonge à l’intérieur de toi et va vérifier ce que sa réponse te fait sentir. Quelles émotions naissent en toi, à partir de la réaction de l’autre ? Observe tes besoins et formule une demande claire. Oui, c’est un cycle sans fin.

Certaines personnes semblent découragées et me disent : « Mais là ! Je vais devoir réfléchir 45 secondes avant de répondre ! » Oui et alors ? Que préfères-tu ? Un moment de réflexion, d’introspection… ou une chicane qui n’en finit plus de finir ? Le choix t’appartient. Pour t’encourager, sache que plus tu vas te pratiquer à rétablir les faits sans jugement, à reconnaître et nommer tes émotions et tes besoins, plus tes demandes seront faciles à exprimer et les pistes de négociation viendront plus naturellement.

À l’instar de la respiration, ce qui semble être simple n’est pas toujours facile… mais avec de l’entraînement, tout est possible. Vive la communication pacifique !

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