LA THÉORIE VS LA PRATIQUE

C’est l’histoire de trois gars qui doivent partir en mer, dont deux qui ne savent pas nager. Celui qui connaît la méthode nage allègrement, fait des plongeons spectaculaires, le tout avec la grâce d’un dauphin. Les deux autres gars se regardent et l’un d’eux dit: « Bon, c’est très simple, je vois le concept, rien de compliqué, je bouge les bras, les jambes, je saute, je fais des pirouettes, j’ai compris le principe. »

L’autre, peu rassuré par la stratégie de son compagnon, décide plutôt de se tremper l’orteil dans l’eau et de ne se fier qu’à sa propre expérience. Timidement, il apprend à nager qu’à des endroits où ses pieds touchent le sol, il se pratique à garder son souffle mais n’ose pas exécuter de plongeon. Jour après jour, pendant que son camarade resté au sec se moque de sa maladresse, il gagne peu à peu confiance en ses capacités, il se surprend même à explorer des endroits plus creux, moins sécuritaires. Après des semaines d’entraînement, il se donne le défi de plonger, ce qu’il réalise fièrement, malgré l’atterrissage dorsal.

Le fameux jour du départ, les camarades partent en haute mer, vers une contrée lointaine. Comme il fallait s’y attendre, la tempête se leva. Furieuse, elle créa de grandes vagues et fît chavirer le bateau. Les trois hommes se retrouvèrent à l’eau. L’expert en natation fût tenté de retrouver rapidement le large, mais en voyant la détresse des deux autres, il se résigna à en ramener un avec lui. Celui qui avait acquis de l’expérience céda sa place en considérant les chances du dernier de s’en sortir vivant. Le bon nageur parti donc avec le futur noyé. En se connectant à ses ressources et en utilisant les apprentissages des mois précédents, le dernier homme réussi à se rendre à la rive en devançant sans s’en rendre compte les deux autres. Il les accueillit sur le rivage pour leur tendre main forte.

À l’instar de la nage, apprendre à respirer est une technique qui demande de l’entraînement. En pratiquant un peu chaque jour, on s’entraîne à contenir plus de charge. Et quand une émotion intense nous submerge, notre réflexe sera de respirer pour contenir plus d’intensité. Si nous attendons la tempête émotive pour mettre en pratique la respiration, nos chances de survie sont minces. Un entraînement quotidien nous protège contre les intempéries.

L’expérience répétée nous permet d’intégrer cette ressource et de l’utiliser lorsque le besoin s’en fait ressentir.

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